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Aménagement & équipement des VUL, Les PME encore sous-équipées

vendredi 13 octobre 2017, par Guillaume GENESTE, Louis DAUBIN

- 1) Le marché des VUL a retrouvé un niveau d’activité important même si le nombre d’immatriculations reste inférieur à celui des années record d’avant la crise de 2008
- 2) Le taux d’équipement des utilitaires évolue favorablement. La part des véhicules adaptés aux besoins précis de l’entreprise reste néanmoins faible dans les TPE et PME
- 3) Les aménagements ne sont généralement pas pris en compte dans la valeur résiduelle du véhicule dans le cadre de la LLD même si les choses semblent devoir évoluer
- 4) L’aménagement ou l’équipement des VUL électriques ne posent pas de problèmes particuliers tant que l’intervention ne porte pas sur la partie haute tension


Un marché en progrès

Le marché des VUL a retrouvé des couleurs en 2016. Qu’en est-il sur le premier semestre 2017 ? « Le marché des utilitaires légers évolue positivement sur 2017. Il a progressé de 6,3 % à fin juin avec un peu plus de 229 600 unités. Le marché reprend clairement des couleurs après la crise de 2009 et son effondrement. Nous tablons sur un niveau global, sur l’année, à 430 000 immatriculations. Un niveau à comparer aux 450 000 à 460 000 unités par an juste avant la crise. Cela repart bien avec une hausse des fourgons et fourgonnettes. Seul le marché des VUL transformé reste stable. Dans le même temps, le segment des pick-up est en très forte hausse » explique Doria Alexandre, directrice du centre national Renault Pro+.

Selon Richard Renoux, directeur commercial chez Poclain Véhicules, « les signaux sont positifs sur l’ensemble des marchés sur tous les segments de vente ». « Il y a eu des à-coups au niveau de l’activité des marchés publics du fait des élections en 2017 » explique à son tour Cyriaque Leboucher, responsable grands comptes publics et département sécurité chez Gruau. « Le marché pousse plus au niveau des flottes, y compris chez les loueurs longue durée que sur les marchés publics. Il y a eu un effet d’attentisme début 2017 du fait des élections, y compris à l’Ugap » confirme Doria Alexandre.

Part des véhicules aménagés ?

Qu’est-ce qu’un aménagement pour VUL ? Quelle est la part de véhicules équipés sur le marché français ? « Il convient avant toute chose de distinguer d’une part les véhicules aménagés et d’autre part les véhicules transformés. Sur les premiers, des équipements complémentaires permettent d’adapter le véhicule aux besoins de l’entreprise sans toucher à sa structure. Dans le second cas, nous modifions la structure du véhicule ou nous adaptons une carrosserie sur un plancher-cabine ou un châssis-cabine » affirme Doria Alexandre, directrice du centre national Renault Pro+.

Un point de vue partagé par David Carré, Responsable grands comptes privés chez Durisotti : « En tant que carrossier, tout ce qui est aménagement intérieur n’est affectivement pas un véhicule transformé ». « Quel que soit l’aménagement atelier réalisé dans le fourgon, il n’y a pas de certificat de carrossage et donc pas de distinguo, d’un point de vue statistique, entre ce type de véhicule et un fourgon simple. On estime que les véhicules transformés, avec certificat de carrossage, représentent environ 35 000 ventes par an » précise Doria Alexandre. « Les véhicules transformés représentent, depuis des années, environ 10 % des ventes de VUL » confirme Richard Renoux, directeur commercial chez Poclain Véhicules.

« En ce qui concerne les véhicules aménagés, ils représentent environ 25 % du marché des véhicules neufs » affirme à son tour Olivier Hutteau, directeur général d’Optima System. « En France, il y a environ 100 000 à 120 000 utilitaires équipés sans transformation de carte grise par an » estime Sébastien Von Dungern, vice-président de SD Services. « Un fourgon sans aucun aménagement, cela n’existe quasiment pas » ajoute alors Richard Renoux. « Le plancher bois et les protections latérales sont généralement un minimum, aussi bien en première monte qu’en seconde monte, chez Renault ou chez Renault Tech » expose Doria Alexandre.

Selon David Carré, « La plupart des utilisateurs, y compris les loueurs longue durée, choisissent d’équiper leurs fourgons de protections afin de maintenir la valeur de revente du véhicule ». « Notre plus gros concurrent reste avant tout le magasin de bricolage. Il y a encore beaucoup de société, notamment les plus petites, qui achètent des cornières et des planches pour faire leur aménagement. Cela est naturellement peu recommandable étant donné la dangerosité de ce type d’aménagement en cas d’accident » explique à son tour Olivier Hutteau. « Dans ce cas, il convient aussi de prendre en compte le temps perdu par les collaborateurs de l’entreprise pour un tel montage, ce qui rend ces aménagements beaucoup moins économiques qu’il n’y paraît » précise alors Sébastien Von Dungern. « Un autre facteur est la prise en compte des problèmes de surcharge des VUL et le développement de certains aménagements, à l’image des rampes de chargement et des attaches remorques » explique, à son tour, Pascal Pilleyre, commercial grands comptes de Fatec.

« La prise en compte de la surcharge, des systèmes d’alertes de surcharge ou les attelages pour les remoques fonctionnent en Allemagne, beaucoup moins en France » sourit Sébastien Von Dungern. « Le permis E est favorable à une meilleure répartition et une augmentation de la charge utile des VUL grâce au PTRA très élevé de certains modèles. Cela étant, d’un point de vue plus global, le marché français de l’aménagement des utilitaires évolue positivement. Il s’agit d’une dynamique agréable car pas forcément envisagée et prévisible » tient à souligner Richard Renoux. « L’année 2017 part effectivement bien pour le secteur des aménagements de VUL » confirme Olivier Hutteau. « Au sein du CNRE, les véhicules aménagés ont représenté 3 500 véhicules en 2015, 4 300 véhicules en 2016 et déjà 2 450 à fin juin 2017. Il s’agit d’un secteur avec une dynamique positive » conclut Doria Alexandre.

Quels gains apportés ?

Beaucoup de professionnels doivent aménager leurs fourgons afin de pouvoir exercer leur métier dans de meilleures conditions. Quels sont les gains qu’un utilisateur peut attendre d’un aménagement développé et posé par un professionnel ? « Les grandes entreprises, sous la pression du CHSCT (comité hygiène, sécurité et conditions de travail), imposent de plus en plus un aménagement adapté aux usages et métiers des utilisateurs, posé par des professionnels » explique Doria Alexandre, directrice du centre national Renault Pro+.

« Des organisations comme la CAPEB pour les métiers du bâtiment ou encore la CNAM, incitent les professionnels à aménager leurs fourgons ce qui permet de mieux travailler, dans de meilleures conditions de sécurité. Le facteur de pénibilité est de plus en plus pris en compte. Un aménagement permet de meilleures postures et une manutention plus sûre des charges. Même si un aménagement amène un surpoids par rapport au fourgon nu, il permet une meilleure organisation et évite ainsi le transport inutile de matériel ce qui permet généralement de transporter moins de poids au final, ce qui peut rejaillir aussi sur la consommation de carburant et l’usure globale du véhicule » affirme Olivier Hutteau, directeur général d’Optima System.

« C’est vrai mais il arrive souvent, qu’au fur et à mesure de l’utilisation de l’utilitaire aménagé, les opérateurs rajoutent de l’outillage par rapport à ce qui était prévu, au cas où. Dès lors, les gains ne sont pas aussi importants qu’escompté. Il convient donc, pour les responsables de l’entreprise, de vérifier régulièrement le matériel transporté dans les fourgons » tempère Cyriaque Leboucher, responsable grands comptes publics et département sécurité chez Gruau. « Une bonne gestion et prévention des risques passe par une vérification au quotidien des véhicules. Il faut en parler régulièrement pour être efficace sur le long terme » confirme Doria Alexandre.

« Plus la structure de l’entreprise sera importante plus ce process régulier sera respecté » renchérit Richard Renoux, directeur commercial chez Poclain Véhicules. « Il y a ce dont rêve les responsables des achats, un véhicule très standardisé, et ce dont ont réellement besoins les collaborateurs de l’entreprise au quotidien. Il faut élaborer l’aménagement des véhicules utilitaires de l’entreprise en fonction des habitudes de ces collaborateurs. Ce qui peut aussi signifier que plusieurs véhicules, pour une même utilisation, peuvent être aménagés différemment » précise à son tour David Carré, Responsable grands comptes privés chez Durisotti.

« La standardisation extrême des véhicules n’est qu’un rêve de directeur des achats » confirme Richard Renoux. « L’usage doit prévaloir pour l’organisation de l’aménagement, à l’image de ce que nous réalisons pour les ambulances et les véhicules d’intervention des pompiers. Pas un véhicule n’est identique alors que les missions sont les mêmes. Le risque est que la multiplication de la personnalisation entraîne une moindre performance, notamment par rapport au poids du véhicule » sourit Cyriaque Leboucher. « Nous réalisons régulièrement des opérations de contrôle sur des véhicules disposant du même équipement. Les variations de charge peuvent aller jusqu’à 700 kg » affirme Sébastien Von Dungern, vice-président de SD Services.

Un contrat de maintenance pour les aménagements

Est-il possible de contracter un contrat de maintenance et d’entretien pour les aménagements présents dans les VU de l’entreprise à l’image de ce qui existe pour le véhicule en lui-même ? « Par principe, notre matériel est statique et les contrôles ne sont pas vraiment nécessaire sauf en cas d’accident ou de dommage » explique Olivier Hutteau, directeur général d’Optima System. « Les seules vérifications à faire régulièrement concernent les fixations du matériel » confirme Cyriaque Leboucher, responsable grands comptes publics et département sécurité chez Gruau. « Nous allons de plus en plus vers de la maintenance prédictive des véhicules. Les logiciels de gestion de flotte sont capables de récolter toutes les données du véhicule. A terme, cela concernera aussi la maintenance du véhicule » estime Doria Alexandre, directrice du centre national Renault Pro+.

« Nous adaptons de plus en plus de capteurs de surcharge sur les VUL, ce qui participe à la sécurité et la bonne exploitation des véhicules. Cela étant, il n’y a pas encore à proprement parler de contrat d’entretien des équipements » affirme David Carré, Responsable grands comptes privés chez Durisotti. « Il y a de plus en plus de contrats de service un peu partout. Et pourquoi pas dans le domaine des utilitaires, notamment dans le cadre des procédures de restitution des VU en location longue durée. Un contrôle de l’état du véhicule et des travaux à envisager est tout à fait possible » sourit Pascal Pilleyre, commercial grands comptes de Fatec.

Aménagement des VUL électriques

Les véhicules électriques représentent-ils l’avenir des VUL et quelles sont les précautions à prendre pour aménager ce type de véhicule ? « Nous pensons effectivement que les VUL électriques représentent l’avenir. Renault va d’ailleurs lancer d’ici la fin de l’année la version 100 % électrique du Master, en complément du nouveau Kangoo avec autonomie prolongée. Le Master électrique va lui aussi profiter des dernières avancées de la technologie et sera disponible en fourgon L1H1, L2H2, L3H2 et en plancher cabine sur la base du L3. Ces véhicules sont particulièrement bien adaptés aux livraisons du dernier kilomètre en centre-ville » affirme Doria Alexandre, directrice du centre national Renault Pro+.

« Gruau vient de lancer l’Electron II, preuve que le VUL électrique représente bien l’avenir. Ce véhicule est disponible en fourgon et en châssis-cabine. Il permet d’intégrer toutes les transformations possibles, à l’image d’un VUL thermique classique » renchérit Cyriaque Leboucher, responsable grands comptes publics et département sécurité chez Gruau. « Nous aménageons les VUL électriques sans aucun souci. Il suffit de disposer des agréments nécessaires, ce qui est bien entendu le cas chez Durisotti » explique David Carré, Responsable grands comptes privés chez Durisotti.

« En ce qui concerne Poclain, les véhicules électriques ne sont pas équipés de boîte de vitesse, ce qui rend notre adaptation impossible » déplore Richard Renoux, directeur commercial chez Poclain Véhicules. « Il faut effectivement des habilitations pour les opérateurs devant intervenir sur la partie électrique de ces véhicules et notamment la partie haute tension. Bien entendu, étant constructeur, Gruau dispose de toutes les habilitations nécessaires » sourit Cyriaque Leboucher. « Pour pouvoir intervenir sur la partie électrique, l’entreprise d’aménagement ou le carrossier doit fournir les habilitations nécessaires » confirme Olivier Hutteau, directeur général d’Optima System. « Il y a une responsabilité de l’entreprise pour former ses opérateurs appelés à intervenir sur les véhicules électriques » confirme Pascal Pilleyre, commercial grands comptes de Fatec.

« En ce qui concerne le Master, les batteries sont positionnées sous la caisse, ce qui ne pose aucun souci pour la pose les aménagements intérieurs. Bien entendu, nous pouvons former les carrossiers qui souhaitent intervenir et transformer de façon plus importante nos véhicules électriques. Nous réalisons également des audits des carrossiers agréés par Renault » explique Doria Alexandre. « Tant que l’on ne vient pas consommer de l’énergie, il convient simplement d’être prudent, notamment au niveau des points d’ancrage pour ne pas créer de souci électrique » souligne Olivier Hutteau.

« Les aménagements de type atelier dans un fourgon n’entraîne pas de grand risque. Cela devient plus problématique à partir du moment où l’aménagement comprend de la signalisation ou des installations électriques. Toute intervention sur la partie électrique est risquée et nécessite l’habilitation et la formation de l’opérateur » rappelle à son tour Cyriaque Leboucher. « Les véhicules électriques permettent aussi d’appréhender les livraisons de façon différente et de réfléchir aux possibilités de rechercher des transformations plus légères pour optimiser l’autonomie » renchérit Doria Alexandre.

« Il y a de toute façon une évolution naturelle vers le développement des matériaux composites pour les aménagements, à l’image du programme mis en place par Sortimo » ajoute alors Cyriaque Leboucher. « Les matériaux composites représentent un plus pour l’abaissement du poids des véhicules mais il faut malgré tout passer les crash-tests afin de préserver la sécurité des occupants » rappelle Olivier Hutteau. « Nous avons breveté un plancher composite pour fourgon grand volume mais les contraintes de résistance nécessitent une épaisseur plus importante ce qui ne représente pas un avantage pour certains métiers » affirme David Carré.

Est-il possible ou intéressant de transférer un aménagement ?

A condition de conserver le même modèle d’utilitaire lors du renouvellement, est-il possible de transférer un aménagement et cela est-il intéressant ? « Le transfert d’aménagement ne représente qu’environ 10 % des cas. Il faut que l’entreprise renouvelle son parc avec le même modèle, ce qui n’est bien entendu pas toujours le cas et, ensuite, il convient de prendre en compte les coûts logistiques qui sont parfois très élevés ainsi que les pièces détachées nécessaires pour la remise en état et la repose du matériel. Autant dire que cette solution est possible mais pas aussi intéressante que prévu dans de nombreux cas » explique Olivier Hutteau, directeur général d’Optima System.

« Chez SD, le transfert ne représente que 5 % de notre activité » confirme Sébastien Von Dungern, vice-président de SD Services. « De façon évidente, plus l’aménagement est cher et résistant et plus le transfert est possible » sourit Richard Renoux, directeur commercial chez Poclain Véhicules. « Le transfert est plus compliqué avec un aménagement en bois dont le niveau d’usure est variable selon l’utilisation » précise Cyriaque Leboucher, responsable grands comptes publics et département sécurité chez Gruau. « Ce qui est le plus cher dans le cas d’un transfert, ce sont les coûts logistiques et la main d’œuvre nécessaire pour le démontage puis le remontage » tient à souligner Sébastien Von Dungern, vice-président de SD Services.

Quelle valeur résiduelle pour les aménagements ?

Les aménagements représentent un coût lors de leur installation. Comment estimer la valeur résiduelle d’un aménagement en fin de vie du VUL, aussi bien lors de la restitution en cas de location longue durée que lors de la revente en cas d’acquisition ? « Dans notre métier, la valorisation de l’aménagement en fin de vie du véhicule est simple : c’est zéro ! » lance Olivier Hutteau, directeur général d’Optima System. « C’est différent chez nous. Avec notre motricité renforcée, nous préservons le véhicule. En plus, tous les véhicules que nous équipons bénéficient d’une protection moteur. Ces véhicules se revendent très bien et leur valeur est supérieure » sourit Richard Renoux, directeur commercial chez Poclain Véhicules.

« La vraie difficulté pour valoriser un aménagement, c’est qu’il faut tomber sur un acheteur VO qui recherche le même aménagement, ce qui n’est pas simple » reprend Olivier Hutteau. « Du point de vue des aménagements, leur valorisation relève d’un travail entre carrossiers et constructeurs, voire loueurs. Ce travail n’a malheureusement pas encore abouti » précise Richard Renoux. « Le souci est qu’aujourd’hui, seules les transformations pour le transport de personnes à mobilité réduite sont valorisées. Les autres ne le sont absolument pas, ce qui est dommage » explique David Carré, Responsable grands comptes privés chez Durisotti. « Le problème de fond vient de la typologie de la transformation. S’il s’agit d’une ambulance, d’une benne ou d’un véhicule TPMR, la transformation est valorisée. Pour un aménagement de fourgon, cela n’est pas encore le cas. Un fourgon aménagé reste un fourgon » déplore Cyriaque Leboucher, responsable grands comptes publics et département sécurité chez Gruau.

« Nous vendons avant tout un usage et une fonction, pas un véhicule » souligne Doria Alexandre, directrice du centre national Renault Pro+. « Les véhicules utilitaires aménagés ne sont effectivement généralement pas bien valorisés. Pour les clients en achats, nous venons de lancer une plate-forme de revente spécialisée afin de faciliter la revente des véhicules utilitaires, surtout lorsqu’ils disposent d’un équipement. Le but est d’aider le gestionnaire du parc de l’entreprise à la revente de ces véhicules utilitaires aménagés » tient à souligner Pascal Pilleyre, commercial grands comptes de Fatec.

En conclusion

« La charge utile est le problème numéro 1 des utilitaires légers. Il est possible de faire mieux avec le système de motricité renforcée. Le gain est d’environ 250 à 300 kilos car il est possible de choisir une version traction à la place d’une version propulsion avec roues jumelées, forcément plus lourde. Notre solution s’adapte sur de nombreux modèles, notamment tous les Renault et tous les PSA. Concernant la valeur résiduelle des VUL aménagés, il faut encore travailler avec les loueurs notamment afin de trouver une solution pour augmenter cette VR. Tout le monde y gagnera, y compris les utilisateurs » affirme Richard Renoux, directeur commercial chez Poclain Véhicules.

Pour Sébastien Von Dungern, vice-président de SD Services, « De plus en plus de véhicules utilitaires sont équipés ce qui permet notamment d’améliorer la sécurité et la productivité. Nous sommes là pour aider les clients en fonction de leurs besoins et de leurs métiers. Les aménagements bois représentent 90 % de notre activité mais nous installons de plus en plus d’aménagements mixtes ou entièrement métalliques. Les clients sont à la recherche du meilleur compromis poids/prix/qualité et nous nous devons de répondre à cette attente ». « La sécurité générale des véhicules a bien progressé ces dernières années. Le travail réalisé par les aménageurs professionnels participe à l’amélioration de la sécurité de tous. Il faut maintenant descendre vers les TPE et les PME, les artisans – commerçants. C’est le rôle de notre réseau et des forces de vente de proposer des véhicules plus sûrs et bien aménagés. Beaucoup d’utilisateurs n’ont pas conscience des risques liés aux VUL non aménagés. Nous devons les convaincre et informer les entreprises des gains possibles, tant du point de vue de la productivité que de la diminution du nombre de jours d’arrêt ou d’accidents » rappelle à son tour Doria Alexandre, directrice du centre national Renault Pro+.

Pour Olivier Hutteau, directeur général d’Optima System, « nous avons commencé ce travail de sensibilisation depuis une dizaine d’années. Les flottes sont sensibles aux arguments de sécurité, de productivité, de gains. Il faut maintenant travailler en direction des artisans – commerçants afin de les convaincre à leur tour. Et le jour où il y aura une plus forte valeur ajoutée pour les VUL aménagés, on aura franchi un pas dans la bonne direction ». Selon David Carré, Responsable grands comptes privés chez Durisotti, « Nous avons quand même encore quelques belles années devant nous. Le véhicule électrique représente une innovation très importante entraînant de la recherche et du développement spécifique pour nous. La force des carrossiers est l’accompagnement de la force de vente chez les loueurs et les constructeurs. Nous devons développer de plus en plus de produits spécifiques pour répondre aux nouveaux besoins et répondre au développement, par les constructeurs, de solutions standards ».

De son côté, Pascal Pilleyre, commercial grands comptes de Fatec, rappelle que « le marché des VUL est unique en ce sens qu’il n’y a pas de fleeter sur ce secteur d’activité. Chez Fatec, nous allons utiliser notre savoir-faire et dupliquer notre plate-forme VL vers le VUL et les VI afin de développer une nouvelle offre. Nous souhaitons piloter des parcs de VUL et développer le marché VO au travers de notre nouvelle plate-forme de revente. Cette demande de revente en tant que fleeter devrait augmenter ». « C’est l’innovation qui va nous permettre de nous démarquer des autres du point de vue de la sécurité mais aussi de la charge utile, à l’image de notre nouvelle benne VUL 100 % aluminium. Nous devons apporter au client final une solution en fonction de son besoin et de ses attentes. Nous devons aussi le sensibiliser du point de vue de l’utilisation à venir de son véhicule du point de vue de l’ergonomie, des troubles musculo-squelettiques, de l’organisation des postes de travail… Sans oublier l’intérêt grandissant pour les nouvelles énergies au travers de l’Electron II » conclut Cyriaque Leboucher, responsable grands comptes publics et département sécurité chez Gruau.

Les participants à notre table ronde
Cyriaque Leboucher, responsable grands comptes publics et département sécurité chez Gruau
Pascal Pilleyre, commercial grands comptes de Fatec
David Carré, Responsable grands comptes privés chez Durisotti
Olivier Hutteau, directeur général d’Optima System
Doria Alexandre, directrice du centre national Renault Pro+
Sébastien Von Dungern, vice-président de SD Services
Richard Renoux, directeur commercial chez Poclain Véhicules


Modifications a posteriori

Certaines entreprises ou certains utilisateurs peuvent être tentés de modifier l’aménagement présent sur leur utilitaire pour diverses raisons. Cela est-il possible et raisonnable ? « Il est tout à fait possible de modifier un aménagement ou une carrosserie. Mais cela doit être fait dans les règles de l’art par un professionnel. Souvent, les modifications sauvages entraînent des conséquences importantes, notamment au niveau de la sécurité du véhicule et des occupants » affirme David Carré, Responsable grands comptes privés chez Durisotti. « C’est à nous, professionnel, de modifier l’aménagement, pas aux collaborateurs de l’entreprise » confirme Sébastien Von Dungern, vice-président de SD Services.

« Il s’agit avant tout d’un facteur humain à gérer. Nous devons expliquer l’intérêt de l’aménagement, convaincre les utilisateurs et, en amont, prendre en compte leurs besoins et leurs attentes. Il convient de passer le temps nécessaire avec l’utilisateur pour définir ses besoins précis » précise Cyriaque Leboucher, responsable grands comptes publics et département sécurité chez Gruau. « Il faut expliquer le véhicule à la livraison et rencontrer les équipes afin de déterminer leurs besoins. Nous parvenons parfois à faire changer les habitudes et ainsi d’améliorer les conditions d’utilisation des véhicules, synonymes de moindre accidentologie et du nombre inférieur d’arrêts de travail » acquiesce Pascal Pilleyre, commercial grands comptes de Fatec. « L’ergonomie du poste de travail, y compris avec un utilitaire, est un biais essentiel pour faire avancer les choses » conclut Cyriaque Leboucher.



La responsabilité du dirigeant engagée

L’employeur peut voir sa responsabilité civile et/ou pénale (selon les cas et la gravité des faits) engagée lorsque des salariés sont en mission du fait du lien de subordination. Ainsi, le salarié voit son accident automatiquement reclassé en accident du travail. La justice pourra considérer l’absence de mesures de prévention du risque routier au sein de l’entreprise comme un manquement à l’obligation de sécurité dans le cadre des risques professionnels. L’employeur pourra donc être poursuivi en correctionnelle pour mise en danger de la vie d’autrui, homicide ou blessures par imprudence. Dans une procédure pénale, l’employeur peut être « appelé en la cause » c’est à dire mis en cause comme l’auteur indirect d’une faute. S’il est établi que l’accident provoqué ou subi par le salarié était dû à un manquement de l’entreprise, des poursuites pourront être engagées contre l’employeur pour négligence, imprudence voire pour faute inexcusable.

Dans ce cadre, la fourniture d’un véhicule parfaitement sûr et adapté à la mission, comprenant un aménagement performant, est une véritable assurance pour l’employeur. « Dans le monde du VI et du transport de marchandises, il y a une vraie sensibilité autour de la sécurité et une formation autour des véhicules, ce qui n’existe pas encore assez avec les VUL » déplore Doria Alexandre, directrice du centre national Renault Pro+. « Dans le monde des utilitaires légers, les responsabilités ne sont pas toujours claires dans l’entreprise » regrette Pascal Pilleyre, commercial grands comptes de Fatec.

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