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Véhicules de direction : une problématique très diverse

vendredi 4 janvier 2019, par Guillaume GENESTE, Louis DAUBIN

Les 4 points
1) Si la berline classique reste encore largement présente dans les parcs des véhicules de direction, d’autres silhouettes comme les SUV et même des compactes se développent.
2) Les dirigeants d’entreprise sont en forte attente de conseils portant sur les différentes énergies disponibles ; ils restent généralement pionnier dans leur entreprise.
3) Les principal frein au développement des hybrides rechargeables et des voitures électriques reste le réseau de recharge et plus particulièrement les bornes de charge rapides.
4) Les dirigeants ont des attentes, du point de vue des services complémentaires, plus forte que les autres collaborateurs de l’entreprise.


Une grande diversité de choix et de solutions

Que représentent les ventes de voitures de direction dans le marché automobile global ? Quel est le type de silhouette privilégié par les dirigeants d’entreprise ?
« Il existe une grande pluralité dans les types de cadres dirigeants et donc dans les véhicules de direction. Les dirigeants peuvent en effet appartenir à différents types de sociétés : TPE, PME, grands groupes ; entreprises d’Ile-de-France ou de province… Toutes ont des approches différentes ; la segmentation se fait avant tout par les besoins et les usages des véhicules qui sont fondamentalement différents selon la taille de l’entreprise et sa situation géographique » explique Erwan Matte, responsable grand compte Athlon.
« Le type de véhicule diffère effectivement selon l’entreprise et l’utilisation des véhicules. Dans certaines entreprises, les membres de la direction roulent en Mini Countryman hybride par exemple ; globalement, les Mini et les voitures de taille supérieure à la Série 3 et au X3 touchent la direction des entreprises. Globalement, les berlines représentent environ la moitié des ventes des véhicules de direction, l’autre partie étant représentée par des SUV. Cela est avant tout lié au cycle de vie du modèle » précise Caroline Laurent, responsable des ventes grands comptes et loueurs BMW Group France.
« Il n’y a pas à proprement parler de règle concernant le type de véhicule dédié à la direction des entreprises. Chez Volkswagen, nous regardons cela selon deux angles avec, d’un côté, le « small et medium business » et de l’autre les grands comptes. Du point de vue du choix des modèles, les choses évoluent ; nous retrouvons des modèles désormais classiques comme le Tiguan, le Tiguan Allspace et la Passat mais aussi des Golf Electriques. Cette dernière enregistre une forte progression de ses ventes y compris auprès des dirigeants d’entreprises et comme seule et unique voiture. La bonne nouvelle pour nous c’est qu’un modèle du segment C comme la Golf Electrique peut être adoptée comme véhicule de direction » affirme Olivier Dupont, chef du service Ventes aux Entreprises Volkswagen France.
« De plus en plus d’entreprises travaillent par rapport au TCO global des véhicules. Un véhicule électrique est encore, par nature, plus cher qu’un thermique actuellement mais il va permettre d’abaisser les coûts d’utilisation » renchérit Erwan Matte.
« Plus l’entreprise a un parc de taille réduite, plus les SUV représentent une solution attractive du fait de la polyvalence de ce type de véhicule. Et l’augmentation de la taille du parc de l’entreprise s’accompagne généralement de contraintes plus fortes au niveau des émissions de CO2 et des règles de choix des modèles plus strictes. Cependant, les berlines restent encore appréciées dans les entreprises puisque ce type de voiture représente 66 % des ventes à professionnels sur le segment des berlines moyennes et entre 75 et 80 % des ventes de berlines de taille supérieure sont faite à entreprises » précise Nicolas Sioufi, directeur marketing fleet & business FCA France.
« Effectivement, plus l’entreprise sera importante et plus elle sera structurée et disposera d’une car-policy stricte » confirme Erwan Matte.

Quelle motorisation choisir ?

Essence, diesel, électrique, hybride : quels sont les choix ou les changements récents dans le choix des types de voiture de direction ?
« Du point de vue du choix du véhicule, certains dirigeants montrent l’exemple du point de vue de la transition énergétique en choisissant des voitures hybrides. L’hybridation des différents modèles de la gamme concerne aussi les berlines de segment supérieur comme la Série 5 et la Série 7 » précise Caroline Laurent, responsable des ventes grands comptes et loueurs BMW Group France.
Selon Régis Masera, directeur consulting France Arval, « Concernant les modèles hybrides et électriques, et même les modèles essence dans une moindre mesure, le problème vient avant tout de l’offre de véhicules encore limitée. Aujourd’hui, l’offre en matière d’hybride et d’électrique nous oblige à partir de l’offre des constructeurs pour composer le parc de l’entreprise, tout en prenant aussi en compte, par exemple, que plus on monte dans les strates de l’entreprise et plus les kilométrages annuels sont faibles et qu’il convient de prendre en compte les infrastructures de recharge existantes ou à mettre en place ».
« Cela étant, il y a de plus en plus d’hybrides et d’hybrides rechargeables dans les véhicules de direction » reprend Gérôme Poggi, manager marketing ALD Automotive.
« Généralement, les dirigeants des entreprises de taille importante sont de moins gros rouleurs qui font de moins en moins appel au gazole. Alors qu’avant, la question du carburant ne se posait pas, c’était gazole ou gazole, aujourd’hui, le gazole n’est pertinent que pour les collaborateurs, y compris les dirigeants, qui parcourent plus de 22 000 kilomètres par an. Et, désormais, entre 5 et 15 000 kilomètres, la question entre essence et hybride se pose. Nous avons assisté, depuis deux ans, à un rééquilibrage entre les motorisations diesel et les autres choix : essence, hybride, électrique… Une étude doit être réalisée pour chaque collaborateur pour déterminer, en fonction de l’usage qui va être fait du véhicule, quel type de motorisation est le mieux adapté » explique Olivier Dupont, chef du service Ventes aux Entreprises Volkswagen France.
« Cela est vrai mais il ne faut pas systématiquement considérer que les véhicules de direction ne roulent pas beaucoup ; au contraire, dans les PME, le dirigeant est souvent le premier commercial de l’entreprise et roule beaucoup. Face au problème à venir de l’interdiction des diesel dans les centre-ville, la question des hybrides peut être soulevée et on peut envisager un retour de l’hybridation diesel qui permet à la fois des économies sur route en cas de fort kilométrages et de pouvoir rouler dans les zones à restriction de circulation en mode 100 % électrique » précise Erwan Matte, responsable grand compte Athlon.
« Dans le cas de l’hybride rechargeable, l’accès au réseau de recharge des véhicules est essentiel » rappelle Caroline Laurent.
« Le rôle de conseil est extrêmement important dans le cadre du déploiement et de l’implantation des véhicules à énergie alternative dans l’entreprise. Souvent, la direction de l’entreprise a un rôle de prescripteur et est plus « facile » à équiper. Cela permet aussi de montrer, dans l’entreprise et au dehors, que le changement a commencé. Mais il faut aussi gérer le « coup d’après » et notamment l’environnement personnel et professionnel du collaborateur, l’accès au réseau de recharge pour les hybrides rechargeables et les électriques, les coûts induits etc. » souligne Régis Masera.
« Les véhicules de direction ne représentent logiquement pas la majorité des véhicules présents dans l’entreprise. Avec les véhicules hybrides rechargeables, il convient de s’occuper de l’infrastructure de charge. Cela étant, au-delà de la problématique de la conscience écologique des collaborateurs de l’entreprise, l’explosion de l’offre de modèle à venir va sans aucun doute être un facteur déclenchant et augmenter la part de ce type de véhicule dans les parcs d’entreprises. Tous les constructeurs vont augmenter leur offre en matière de solutions technologiques et l’infrastructure va donc logiquement suivre » estime Nicolas Sioufi, directeur marketing fleet & business FCA France.
« Il convient de regarder l’éco-système dans sa globalité. Il convient de commencer par une analyse du parc ; l’essence, les hybrides et les électriques peuvent représenter entre 25 et 30 % du parc avec un pivot à 22 000 kilomètres annuels. Concernant l’offre des constructeurs, les choses vont rapidement changer. Dans les 18 mois qui viennent, Volkswagen va commercialiser une gamme complète de véhicules électriques. L’autonomie ne sera par ailleurs plus un problème puisque nous annonçons une autonomie de 550 km avec une recharge à 80 % en 30 minutes. Quant au prix, il ne sera plus non plus un obstacle puisque ces futurs véhicules électriques seront proposés au prix d’un thermique. Ne reste plus que la question de l’infrastructure mais des plans d’investissement sont prévus » expose, sereinement, Olivier Dupont.
« La problématique du temps de recharge va disparaître dans le futur ; avec la possibilité de recharger la voiture en seulement 15 minutes, cela ne sera plus un problème ; sans oublier les avantages fiscaux dont profitent encore les véhicules électriques. Le développement de l’offre de véhicules électriques par les constructeurs va entraîner l’apparition de nouveaux business models et de nouvelles solutions du point de vue de l’infrastructure de recharge » estime Nicolas Sioufi.
« A terme, le temps de recharge d’un véhicule électrique sera celui d’une pause sur la route, de l’ordre d’une dizaine de minutes » confirme Olivier Dupont.
« Le développement de l’offre en matière de véhicules hybrides ou électriques ne suffira pas ; le développement des services est essentiel tant du point de vue du réseau de recharge que des services autour des technologies embarquées. Il est ainsi désormais de disposer d’une offre de recharge à domicile pour véhicules électrique avec différenciation de la consommation privée et professionnelle ; certaines cartes carburant intègrent aussi la recharge des véhicules électriques. Aujourd’hui, il convient d’intégrer l’énergie à l’usage du véhicule et le véhicules électrique commence à être parfaitement intégrable dans un parc d’entreprise avec un TCO raisonnable » estime Régis Masera.
« Il y a eu un très gros travail pour développer le réseau de recharge des véhicules électriques alors que le taux de pénétration du véhicule électrique n’est que de 1,5 %. La fonction du loueur longue durée est d’apporter une réponse par rapport à l’usage et aux besoins du client même si un des premiers critères de choix reste le prix » renchérit Erwan Matte.
« Sans oublier la facilité, pour l’entreprise, de gérer son parc de véhicule » sourit Nicolas Sioufi. « Il y a encore, actuellement, beaucoup d’acteurs dans le domaine des bornes de recharge. Il faut pouvoir disposer d’une vingtaine de cartes pour pouvoir charger sa voiture électrique ou hybride rechargeable partout. Tous ces acteurs doivent se mettre d’accord pour arriver à quelque chose » affirme Gérôme Poggi, manager marketing ALD Automotive. « Il faut arriver, à terme, à une solution d’interopérabilité » estime Caroline Laurent.
« L’intégration de l’usage des véhicules est essentielle ; cette transition se fait d’abord par le passage vers l’essence ; après ce sera rapidement des véhicules hybrides rechargeables avec l’intégration des bornes de recharge. La mise en place d’un plan de transformation de l’entreprise est nécessaire pour permettre d’augmenter le nombre de bornes de recharge dans l’entreprise ; et de plus en plus de sociétés se posent la question de l’image qu’elles véhiculent en utilisant des voitures diesel » reprend Régis Masera.
Pour Nicolas Sioufi, « Le marché automobile global est désormais majoritairement essence pour les particuliers ; je ne pense pas que les entreprises passeront à l’électrique avant les particuliers ».
Un avis que ne partage pas Olivier Dupont : « Pour Volkswagen, le développement des véhicules électriques va passer par les entreprises. Selon ses usages, l’entreprise peut trouver la bonne solution du point de vue de la flexibilité avec un véhicule électrique, une infrastructure de recharge adaptée et un véhicule thermique pendant quelques semaines par an ».
« Ce système existe déjà chez ALD depuis un an. Après une expérience en interne, nous sommes passé à la phase commerciale de cette offre auprès de nos clients » souligne Gérôme Poggi.

Vers une offre de véhicules couplés ?

Ces nouvelles offres de véhicules multiples, selon les usages et les périodes de l’année, sont-elles appelées à se développer dans un avenir proche ?
« Pour l’instant, ce n’est que le début. Ce genre d’offre est valable dans un environnement urbain. Cela commence à accrocher car ce type d’offre permet de répondre à des besoins divers tout en faisant appel à des véhicules plus petits et plus vertueux » explique Erwan Matte, responsable grand compte Athlon.
« Il est aussi possible, pour des besoins ponctuels ou pour se faire une idée par rapport à un type de véhicule ou de motorisation, de faire appel à la location moyenne durée. La moyenne durée se développe beaucoup chez Arval, notamment pour tester les énergies alternatives » rappelle Régis Masera, directeur consulting France Arval.
« Nous disposons d’accords avec tous les loueurs de courte durée afin de pouvoir proposer les véhicules de remplacement nécessaires et prévus dans ces contrats de véhicules couplés. L’offre peut aussi concerner les deux-roues, associés avec une auto, notamment pour les dirigeants d’entreprises. Nous allons développer ces offres, de même que celle associant un véhicule électrique et un véhicule thermique pour 60 jours par an ; la seule contrainte est l’obligation, pour l’été, de faire sa demande de véhicule thermique au moins 30 jours à l’avance afin de pouvoir garantir la disponibilité du véhicule » sourit Gérôme Poggi, manager marketing ALD Automotive.

Quels services pour les véhicules de direction ?

Les dirigeants d’entreprises sont-ils plus sensibles aux services associés aux véhicules et quels sont les services les plus attendus ?
« Il y a effectivement une forte demande en matière de service de la part des dirigeants d’entreprise. Leur objectif premier est de passer le moins de temps possible à s’occuper du véhicule. Ils attendent donc des services qui leur apporte du confort et de la flexibilité comme des « aides » au moment de la restitution pour éviter toute mauvaise surprise » affirme Erwan Matte, responsable grand compte Athlon.
« Chez Volkswagen, les clients professionnels peuvent profiter de notre charte « Pro » au sein de nos business centers. Le sur-mesure et la proximité sont des données essentielles dans le cadre de la relation avec les entreprises » explique à son tour Olivier Dupont, chef du service Ventes aux Entreprises Volkswagen France.
« Les Business Center BMW sont parfaitement adaptés pour accueillir et répondre aux besoins de tous les professionnels, dirigeants compris ; nous proposons aussi un service de jockey pour les plus grosses flottes » expose Caroline Laurent, responsable des ventes grands comptes et loueurs BMW Group France.
« Il faut développer les services à la carte autour du véhicule, comme le convoyage du véhicule, le nettoyage. Les dirigeants sont en attente de conseils dans le cadre d’un environnement très changeant ; l’idée est de pouvoir répondre à leurs questions concernant la mobilité dans l’entreprise. Nous pouvons, par exemple, mettre en place des services de covoiturages ou les accompagner pour la gestion des places de stationnement » poursuit Régis Masera, directeur consulting France Arval.
« La notion de conseil est essentielle ; les patrons et les cadres dirigeants sont en forte attente de ce point de vue » confirme Erwan Matte.

Les véhicules de direction touchés par le downsizing ?

Le phénomène de downsizing (diminution de la cylindrée des moteurs voire descente d’un segment de marché) a touché de nombreux modèles et de nombreux parcs d’entreprises. Ce phénomène est-il aussi sensible sur le segment des véhicules de direction ?
« Les évolutions de car-policy sont moins liés à la taille du véhicule qu’à l’attrait de la nouveauté pour tel ou tel modèle. Il y a une diversité de plus en plus forte de la part des dirigeants pour des véhicules répondant aussi bien à leur usage professionnel que personnel. Nous devons proposer un modèle dans chacune des catégories pour répondre à l’ensemble de ces besoins ; les dirigeants font ensuite leur choix. Il convient toutefois de noter le retour de la berline statutaire » affirme Régis Masera, directeur consulting France Arval.
« Les normes WLTP vont avoir un impact sur le TCO des SUV. Ces derniers restent néanmoins des véhicules émotionnels et permettre d’attirer des collaborateurs » souligne Erwan Matte, responsable grand compte Athlon.
« Face aux évolutions des normes de consommation et d’émissions de CO2, les constructeurs se préparent à une diminution des ventes de SUV au profit de berlines surélevées et ce dans différentes catégories » souligne Gérôme Poggi, manager marketing ALD Automotive.
« Les constructeurs doivent, en permanence, répondre à tous les besoins et disposer de différents types de véhicules dans leur gamme » confirme Caroline Laurent, responsable des ventes grands comptes et loueurs BMW Group France.
« Il faut aussi avoir une réponse mondiale et, dans le monde, le SUV se porte très bien » tempère Nicolas Sioufi, directeur marketing fleet & business FCA (Fiat Chrysler Automobiles) France.
« Les constructeurs travaillent en permanence sur leur offre et son adéquation avec la réglementation et la fiscalité ; le succès des Peugeot 3008 et 5008 est un bon exemple » rappelle Régis Masera.
« Le véhicule électrique, avec l’absence d’émission de CO2, va être une bonne réponse, tant pour les berlines que pour les SUV » sourit Olivier Dupont, chef du service Ventes aux Entreprises Volkswagen France.

En conclusion

Pour Caroline Laurent, responsable des ventes grands comptes et loueurs BMW Group France, « BMW propose une gamme permettant de couvrir tous les usages de toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, qu’elles soient en ville ou à la campagne. Les offres des constructeurs permettent de répondre aux différents besoins et les loueurs longue durée apportent des offres flexibles en complément. Le rôle de conseil dans le choix de l’énergie et le type de silhouette est essentiel afin d’accompagner les utilisateurs professionnels dans le temps ».
« Je reste convaincu que le véhicule de direction reste un moyen de valoriser le collaborateur, la personne. Le côté émotionnel de l’automobile reste important. Le groupe FCA, avec les marques Fiat, Alfa-Romeo et Jeep, propose des véhicules qui répondent à cette attente d’émotion. Le groupe a annoncé le développement de diverses solutions techniques et technologiques pour lever le frein écologique : cela ira de véhicules « mild-hybrid » jusqu’à des modèles 100 % électriques en passant par des hybrides. FCA a aussi un important programme d’investissement sur le véhicule autonome, en partenariat avec Google ; cela pourra permettre de concilier le plaisir du véhicule avec une solution efficace face aux embouteillages » assure Nicolas Sioufi, directeur marketing fleet & business FCA (Fiat Chrysler Automobiles) France.
« Les dirigeants d’entreprises sont en attente de conseils par rapport à leur flotte et leurs véhicules. Je suis d’accord que, heureusement, le plaisir et l’émotion automobile sont toujours présents. En ville, les véhicules électriques et les hybrides nécessitent un accompagnement lors de leur mise en place ; nous proposons d’ailleurs un outil internet pour préconiser l’énergie la mieux adaptée à l’usage du véhicule. Nous développons de nouvelles solutions comme ALD Switch qui permet d’associer un véhicule électrique au quotidien à un véhicule thermique ou hybride 60 jours par an, des produits de conciergerie automobile ou encore des plans de déplacement en entreprise » explique Gérôme Poggi, manager marketing ALD Automotive.
Pour Erwan Matte, responsable grand compte Athlon, « Nous évoluons dans un environnement de plus en plus incertain. Il convient de ne pas trop avoir de certitudes et être à l’écoute de conseils en matière de flexibilité, de services, de sécurité par rapport au choix de l’énergie retenue. Il faut rappeler qu’avec la LLD, c’est le loueur qui porte le risque lié au choix du véhicule ».
Olivier Dupont, chef du service Ventes aux Entreprises Volkswagen France, rappelle que « La voiture reste un outil de management dans l’entreprise, y compris pour le dirigeant. A cela il convient d’ajouter le plaisir lié à l’automobile sans oublier la notion de TCO. Volkswagen apporte des solutions sur-mesure aussi bien du point de vue des produits que des services. Nous proposons toutes les énergies disponibles sur le marché ce qui permet de concilier plaisir et TCO. La marque Volkswagen permet d’adresser tous les collaborateurs y compris les dirigeants avec l’Artéon par exemple ».
Le mot de la fin revient à Régis Masera, directeur consulting France Arval : « Le véhicule automobile a encore un bel avenir. Il reste incontournable et revêt un aspect fidélisant fort pour les collaborateurs. Dans le même temps, le véhicule coûte de plus en plus cher dans le cadre d’une utilisation privée. Les défis à relever pour les chefs d’entreprise sont dont de préserver l’environnement, de prendre en compte l’aspect sociétal de l’automobile tout en intégrant les usages afin de pouvoir choisir les produits et services associés les mieux adaptés. Dans un proche avenir, il va certainement falloir revoir tout le cadre de la mise à disposition des véhicules par l’entreprise. Cette conduite du changement doit être menée le plus tôt possible pour éviter de trop grands bouleversements. La location longue durée, avec ses services associés et sa flexibilité, représente une solution attractive pour les véhicules de l’entreprise, véhicule de direction compris ».

Vers un rééquilibrage des silhouettes ?

L’entrée en vigueur des nouvelles normes de consommation WLTP et une fiscalité très volatile peuvent-elles entraîner des changements importants dans le choix des véhicules par les dirigeants d’entreprise ?
« Volkswagen va proposer, d’ici 2022, quatre modèles de véhicules électriques : une compacte, une berline, un monospace, un SUV ; avec cette offre très large, le client aura le choix sans contrainte fiscale compte tenu des avantages dont bénéficient les véhicules électriques ; avec les thermiques, les changements sont beaucoup plus difficiles à estimer » lance Olivier Dupont, chef du service Ventes aux Entreprises Volkswagen France.
« Les constructeurs travaillent toujours pour abaisser les niveaux de consommations et de CO2 de leurs véhicules. Ce travail porte notamment sur l’allègement des SUV. La vraie question est l’évolution de la fiscalité qui reste une donnée fondamentale ; il est impossible de savoir quelle sera la fiscalité dans les deux ou trois ans à venir et c’est elle qui fait évoluer le plus fortement le marché des véhicules d’entreprise » estime Caroline Laurent, responsable des ventes grands comptes et loueurs BMW Group France.
« Aujourd’hui, le choix de la LLD est un facteur d’assurance pour l’entreprise par rapport à ces risques ; c’est le loueur qui porte le risque inhérent au choix du véhicule » précise Erwan Matte, responsable grand compte Athlon.

Le crédit-bail toujours plébiscité par les PME ?

Parmi les différentes formes de financement du parc automobile, le crédit-bail reste celui préféré des PME ; ce type de financement est-il aussi celui privilégié pour les véhicules de direction ?
« C’est encore le cas aujourd’hui mais les choses vont certainement glisser vers la LLD. Comme déjà évoqué, avec la LLD, c’est le loueur qui endosse le risque » estime Caroline Laurent, responsable des ventes grands comptes et loueurs BMW Group France.
« La flexibilité est désormais essentielle et les dirigeants d’entreprises peuvent constater une évolution de leurs besoins. Un système souple est préférable » affirme Erwan Matte, responsable grand compte Athlon. Selon Régis Masera, directeur consulting France Arval, « Il convient avant toute chose d’appréhender la taille et les besoins de l’entreprise. Dans les plus petits parcs, les notions de prix des véhicules et de loyer sont essentiels et le TCO pas aussi important que dans de grandes entités ».
« Heureusement, la partie financière n’est pas tout ; il reste toujours la partie émotionnelle, surtout dans les PME et pour les véhicules de direction ; après, à l’entreprise de déterminer quel mode de financement est le mieux adapté pour elle » affirme Nicolas Sioufi, directeur marketing fleet & business FCA (Fiat Chrysler Automobiles) France.
« Aujourd’hui, nous regardons les écarts de coûts et de fiscalité auxquels il convient de rajouter la gestion du parc ; il peut exister des cassures dans la fiscalité et, par exemple, le renouvellement du parc par anticipation peut être intéressant, toute forme de financement confondue » précise Régis Masera.
« Il faut aussi prendre en considération les évolutions de la société dans laquelle nous évoluons ; aujourd’hui, les jeunes sont de moins en moins attachés aux véhicules et à leurs possessions surtout dans les grands centres urbains » souligne Erwan Matte. « La mobilité de demain sera totalement différente de celle d’aujourd’hui » conclut Gérôme Poggi, manager marketing ALD Automotive.

Moins de gros 4x4 et de sportives ?

Dans le passé, la voiture de direction pouvait être un gros 4x4 ou une sportive, comme la Porsche 911. Cela est-il encore vrai aujourd’hui ?
« Nous vendons quelques M en entreprise mais la fiscalité, sur ce type de véhicule, est très lourde. Cela arrive dans des petites entreprises ; le patron achète la voiture en son nom et passe des indemnités kilométriques. Etant donné que les loueurs développent la location longue durée à particulier, il est possible que nous assistions à un glissement de la vente à entreprise à la location à particulier avec ce type de véhicule » explique Caroline Laurent, responsable des ventes grands comptes et loueurs BMW Group France.
« Ces petites entreprises sont très difficiles à capter pour les loueurs. Nous avons toujours eu du mal à aller les capter. Peut-être cela va-t-il changer à l’avenir » estime Gérôme Poggi, manager marketing ALD Automotive.

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