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Yves Pasquier-Desvignes, Président de Volvo Cars France

jeudi 1er février 2018, par Bertrand GAY, Louis DAUBIN

« Pour Volvo, la sécurité n’est pas en option »

Le président de Volvo Car France s’appuie sur une gamme renouvelée qui offre un haut niveau de sécurité et une grande valeur à ses utilisateurs. Les performances commerciales de la marque progressent, notamment grâce à son image et ses fortes VR.


Kilomètres Entreprise : Comment se présente la fin de l’année pour Volvo France ?
Yves Pasquier-Desvignes : Nous sommes très contents et en ligne avec nos prévisions de prises de commandes. A fin novembre, nous sommes à 15.400 commandes et bien placés pour réaliser notre objectif annuel de 17.000 unités. En ce qui concerne les immatriculations, nous serons à 16.000 unités pour l’ensemble de l’année 2017. Le léger décalage que nous observons entre les commandes et les immatriculations provient de nous nouveaux modèles qui rencontrent un vif succès. Ainsi, nous avons vendus 2.700 unités du nouveau XC60, dont seulement 1.400 ont été livrées. Je m’attendais depuis le début de l’année à ce phénomène, je ne suis pas surpris. Et pour ce XC60, les gros volumes sont à venir avec le lancement des motorisations D3 en deux roues motrices en avril.

Au-delà du raisonnement en part de marché brute, 0,75 %, qui est stable pour cette année, nous progressons de 0,3 point, à 8,96 % contre 8,67 % sur nos segments spécifiques. Nous calculons cette part de marché par-rapport aux segments sur lesquels nous sommes présents et uniquement face à nos autres concurrents Premium. C’est ce que nous appelons le « Premium servi ».

KMS : Et concernant les autres modèles ?
Y.P-D. : Les ventes de la famille 90 trouvent leur vitesse de croisière ; Nous étions à 1.700 unités du XC90 à la mi-novembre. Nous sommes à 1.000 unités des berlines S90 et breaks V90 et V90 Cross Country. Les clients des V70 et XC70 n’ont pas beaucoup renouvelé vers les S90 et V90. Ils devraient se tourner plus aisément vers la nouvelle V60, qui aura la taille de l’ancien V70.
Les ventes de V40 sont stables, les S60 et V60 sont en ligne avec nos prévisions et seront prochainement remplacées. Enfin, nous venons de dévoiler la XC40, pour laquelle nous avons déjà 400 commandes, alors que nous n’avons que les versions fortement quatre roues motrices et fortement motorisées.

KMS : Et concernant les versions Business ?
Y.P-D. : Pour obtenir de bonnes versions Business à partir de la gamme existante, nous n’avons pas besoin de réaliser d’adaptations importantes. Nous travaillons sur la taille des roues en offrant le choix au client.

KMS : Comment vos ventes se répartissent-elles suivant les canaux ?
Y.P-D. : Les particuliers représentent 28 % de nos ventes, contre 23 % il y a trois ans. En volumes, nous progressons de 25 % sur ce canal mais nous restons sous les chiffres de nos concurrents car ils sont forts sur le segment C et nous le sommes moins. Nous réalisons 40 % de nos ventes auprès des entreprises, qu’elles soient PME, par le truchement de la LLD (Location Longue Durée) ou vers les Grands Comptes. Les volumes restants concernent les véhicules de courtoisie et de démonstration mais également un peu de location courte durée qui nous permet d’alimenter notre réseau avec des voitures d’occasion récentes.

KMS : Quel regard portez-vous sur le débat entre les différents types de motorisations ?
Y.P-D. : Les marchés du leasing vont aller petit à petit vers l’essence, notamment car les VR (Valeur Résiduelle) de ces motorisations ont été remontées. Ainsi, à titre d’exemple, la V40 est passée de 5 % à 25 % en essence. Le mix d’hybrides rechargeables T8 est désormais de 25 à 28 % sur les XC90 et XC60. Sur celui-ci, les VR des T8 et D4 sont identiques. Pour 2018, nous pensons que les hybrides rechargeables peuvent représenter 50 % du mix de XC90.

KMS : Comment abordez-vous la question des nouvelles normes, WLTP, de mesure de CO2 et que dire au réseau et aux clients ?
Y.P-D. : Nous avons eu, nous constructeurs, des difficultés à comprendre le dispositif et ce que cela signifie. La seconde étape consiste à expliquer ces nouvelles normes aux financeurs et aux loueurs. Ensuite, il faut l’expliquer aux clients. Ce que nous savons, c’est que les valeurs CO2 vont remonter, il faut s’y préparer. Tout l’enjeu du WLTP consiste pour nous à travailler nos versions pour être dans les limites de l’acceptable. Mais attention, nous ne dégraderons ni les équipements ni la sécurité en faisant le compromis de trop. Il n’y aura pas de decontenting.

KMS : Comment limiter cette remontée des valeurs de CO2 ?
Y.P-D. : Pour cela, Volvo va développer l’électrification de ses motorisations sur l’ensemble de nos véhicules. Toutes les voitures lancées à partir de 2019 offriront soit une motorisation électrifiée avec une hybridation légère ou un hybride rechargeable comme nos T8 ou une motorisation entièrement électrique. En diesel, nous aurons une hybridation légère soit avec accumulateur d’énergie type KERS, soit avec un alterno-démarreur. Nous entrons dans une phase d’électrification progressive à plusieurs niveaux.

De plus, nous lançons, à côté de Volvo, une nouvelle marque baptisée Polestar. Il s’agit d’une marque de niche destinée principalement aux marchés américains et chinois. Cette marque va démarrer avec une offre hybride rechargeable, puis notre second ou troisième modèle sera uniquement électrique.

KMS : Nous avons évoqué les volumes, mais qu’en est-il du mix ?
Y.P-D. : Notre mix de ventes est élevé, et tout particulièrement lors des phases de lancement de modèles comme sur les XC90 et XC60. Notre mix élevé provient de nos lancements qui privilégie les versions hautes et de nos bonnes VR. Et, de plus, nous avons des points forts, comme le XC90 T8 qui est le seul SUV hybride rechargeable du marché disponible en sept places. Et, sur la V40, nous avons un mix moyen de 28.000 euros. Sur l’ensemble de notre gamme, nous pouvons proposer des loyers compétitifs grâce à nos bonnes VR.

KMS : Volvo est parfois montré pour ses coûts d’entretien élevés, qu’en est-il ?
Y.P-D.  : Cette réputation ne correspond pas à la réalité et le prix de nos pièces n’ont pas augmenté depuis trois ans. Nous devons faire des efforts sur l’accueil et la qualité de la prestation. Le critère prix n’est plus le critère numéro un à améliorer.

KMS : Et le réseau ?
Y.P-D. : Notre réseau se développe petit à petit. Nous avons 55 opérateurs soit 70 contrats. Début 2018, nous atteindrons 125 sites. De façon générale, nous avons peu de changement d’opérateurs. Nous ajoutons en ce moment Albi, Dunkerque et la Corse. Nous nous appuyons, pour moitié, sur des grands groupes de distribution. La rentabilité du réseau est bonne est 1,6 % en ce moment et va remonter à 1,8 %.

KMS : Volvo est un des constructeurs les plus en pointe dans le mouvement vers la conduite autonome, qu’en est-il ?
Y.P-D. : Nous y allons pas à pas. Nous serons prêts pour 2020. Actuellement, nous proposons des aides à la conduite et ces fonctions vont s’étoffer. Plus de 95 % des accidents proviennent d’une perte de vigilance du conducteur. La conduite autonome permet de pallier ce manque de vigilance.

KMS : En conclusion ?
Y.P-D.  : Les chefs d’entreprises doivent penser au bien-être et à la sécurité de leurs collaborateurs en voiture. Volvo offre l’une des meilleures sécurités au monde et cela a une vraie valeur pour nous. Et les technologies que nous mettons dans nos voitures apportent des vraies avancées en termes de plaisir, de sécurité et de valeur pour l’entreprise.

Propos recueillis par Louis Daubin et Bertrand Gay

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