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VOLKSWAGEN PASSAT CC

Le charme élitiste du “coupé quatre portes”

lundi 24 novembre 2008, par JEAN-PIERRE DURAND

Avec la version CC (pour Coupé Confort), Volkswagen positionne, davantage encore, sa Passat en haut de gamme, tout en préservant sa compétitivité.


L’automobile n’en finit pas de jouer de la nostalgie comme si son histoire était un peu la nôtre. Après les petites “rétro” qui puisent sans équivoque dans l’affectif de notre adolescence, voici revenu le temps des “coupés quatre portes”.

Ce style de carrosserie pourrait sembler simplement inspiré par le souci pratique d’accéder plus aisément aux places arrière sans exiger d’indécentes contorsions comme un banal deux portes, mais il nous évoque aussi (consciemment ou pas) quelques monuments historiques du design automobile. Si on a oublié l’Excellence de Facel Vega, il suffit d’écrire en italien “quattroporte” pour que nos neurones entrevoient le trident de Maserati, ou encore de regarder la Mercedes CLS, ou d’évoquer la Panamera de Porsche, annoncée depuis des lustres, pour que notre imagination s’éveille.

Que du beau monde !

Il se trouve également que dans un moment où l’énergie devient précieuse, ce style coupé quatre portes peut, à l’occasion, satisfaire le bon sens, voire la rationalité, puisque réduire la hauteur des autos contribue aussi à réduire leur maître-couple et ne peut que profiter à l’aérodynamisme…

Le CC affiche un Cx de 0,29, mais surtout il s’octroie une touche quelque peu élitiste dans laquelle tout client entrevoit, plus ou moins, la récompense de son investissement.

Incontestablement, la Passat CC a “de la gueule”, et se distingue de la Passat “familiale”. Mieux, ce CC joue aussi sur la corde institutionnelle en préservant la convivialité qui sied à l’automobile d’un dirigeant d’entreprise.

Là où d’aucuns n’eussent pas osé un coupé deux portes, un peu trop connoté égotiste, le CC apparaît politiquement très correct, surtout quand il s’équipe du vertueux diesel 2.0 TDI CR 140 et d’une boîte manuelle pour n’émettre que 153 g de CO2 et ainsi échapper à l’anathème fiscal du malus. La séduction s’opère d’autant mieux que Volkswagen a le bon goût de ne pas pousser trop loin le bouchon de la sur-tarification. La Passat CC est un peu plus chère que la berline équivalente mais, sur la base de l’équipement le plus abouti “Carat Edition”, on arrive à 37.600 € contre 34.600 € pour la berline ; compte tenu de certains raffinements exclusifs, ce n’est pas scandaleux.

Toutefois, pour bien affirmer cette exclusivité, le CC n’existe pas en équipement “entrée de gamme” genre Trendline ou en motorisation économique type 1.9TDI 105. En diesel, la mise minimale est à 31.300 €.

Une vraie quatre places

D’ordinaire, après le tour d’observation, la découverte d’une automobile passe par l’installation au volant. Là, on a plutôt envie de tester prioritairement les places arrière pour s’assurer qu’on ne va pas se cogner au plafond. Et ça passe, et même aisément !

D’une part, le pavillon n’est pas si bas qu’il y paraît (la hauteur du CC est de 1,42 m contre 1,47 m pour la berline, mais le châssis sport est lui-même surbaissé de 15 mm). Enfin, et surtout, les sièges individuels utilisent des matériaux qui ont permis d’affiner les assises sans nuire le moins du monde au confort.

On est donc simplement assis plus bas, sans que notre calvitie n’en pâtisse. Et comme la carrosserie est légèrement plus épaulée (1,85 m de largeur), on se trouve très confortablement installé entre de larges accoudoirs et avec autant de place pour les jambes que dans la berline Passat (une référence dans le domaine).

Ce n’est certes pas une Phaeton, on ne songerait pas à s’esclaffer “Nicolas, au château !” car cette auto, on a envie de la conduire soi-même, mais on se rassure, on pourra emmener ses clients au restaurant ou ses amis en villégiature sans les torturer.

Un équipement pléthorique

Délaissant les places arrière pour s’installer à l’avant on note, au passage, l’élégance des portières sans entourage de vitre, ce qui est encore un clin d’œil de style (et de confiance dans la rigidité du châssis). Dès que l’on met le contact, les aiguilles de compteurs montent un instant en butée, façon voiture de sport, et les cadrans s’affichent en éclairage blanc comme ceux de la Phaeton (et non en bleu, comme les VW “populaires”).

L’ambiance cosy d’un coupé est bien restituée, mais sans impression de confinement grâce au toit panoramique qui s’entrebâille de 40 mm à défaut de s’ouvrir (un peu frustrant !).

Pour notre essai, nous disposions de la version top “Carat Edition” avec une sellerie complète en cuir Nappa, des sièges avant à réglages électriques (à 12 voies et trois mémoires conducteur) et l’option climatisation intégrée aux assises et aux dossiers. Au tableau de bord, des inserts ronce de noyer, et alu sur la console centrale… du classique élégant.

Le système de radio navigation à écran tactile haute résolution et disque dur 30 Go s’avère très intuitif et, même si l’écran affiche aussi la climatisation, l’ordinateur de bord, la numérotation téléphonique, la vidéo de recul, tout cela devient familier en quelques jours d’utilisation sans qu’il soit absolument nécessaire de s’infliger la lecture fastidieuse d’un mode d’emploi.

Consommation très modérée

La motorisation 2.0 TDI CR 140 ne risque pas de mettre le châssis de la Passat CC en difficulté d’autant que l’équipement de série inclut toute la panoplie électronique : ABS, ESP, ASR, AFU, blocage électronique de différentiel, régulateur de couple et même stabilisation d’attelage pour les campeurs ! On en vient à rêver d’une mutation à Partenia où l’on pourrait jouer en toute sérénité avec la version V6 300 ch à transmission intégrale.

Pour notre circulation française, les accélérations du 2.0 TDI 140 (0 à 100 en 9,8”) suffisent largement tout comme les 213 km/h. À 130 km/h, régulateur branché, on entend à peine le moteur (TDI CR comme common-rail, sans les bruyants injecteurs-pompes des anciens TDI) et la consommation descend très volontiers sous les cinq litres.

Même dans les bouchons et avec de nombreux démarrages à froid, nous n’avons pas dépassé huit litres et, sur l’ensemble de notre essai, 6 litres.
Il existe une version à boîte DSG (robotisée) à peine plus gourmande d’un petit demi-litre, mais qui suffit à la taxer sur la base de 163 g de CO2 et à passer ainsi un seuil supplémentaire dans l’échelle de la TVS. Enfin, arrive incessamment une version plus pointue du 2.0TDI en 170 ch.

Alternative “plaisir économique” au segment H

Certes, qui peut le plus peut le moins, mais le 140 ch va vraiment très bien dans notre contexte hexagonal. Il maintient le CC dans le budget d’acquisition et d’utilisation d’une berline moyenne supérieure premium, tout en affichant un standing et un soupçon d’élitisme… Bien tentant pour des habitués des berlines institutionnelles qui souhaiteraient contenir leur enveloppe et s’offrir un peu de fantaisie.

Avec le CC, la gamme Passat de VW piétine un peu plus les plates-bandes de son cousin Audi, mais dans ce créneau convoité, deux parts sur quatre, c’est plus qu’une sur trois.

jean pierre Durand

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